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Les chemins du stress

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De la peur à la transformation

Dans son ouvrage, « Biologie de la peur », le Pr. Gérald Hüther nous montre à quel point le stress peut être une clé de transformation majeure, individuelle et sociétale.

Par Christine Gatineau


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Extrait de la revue : Génération Tao n°62
Nb de pages : 2

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Descriptif

La peur et le stress sont communément jugés négatifs, mais considérés sous l'angle des neurosciences, ils s'avèrent un facteur majeur d'adaptation pour les individus et pour les sociétés. Les travaux des chercheurs, notamment ceux du Pr. Gérald Hüther(1), nous apportent un éclairage passionnant à ce sujet.  

Un état physiologique naturel
Sur nos chemins de vie, les changements et les incertitudes s'accumulent. L'insécurité et même notre propre libre-arbitre nous effraient. Qui n'a jamais éprouvé un jour le sentiment de la peur et son cortège de réactions ? Cœur qui s'emballe, transpiration, foie en vrac… autant de sonneries d’alarme qui retentissent à travers notre corps.

La peur est un état physiologique naturel. A l'origine, une information qui fait irruption dans le cortex, en haut du cerveau, et bouleverse les processus routiniers. L'agitation gagne ensuite les neurones des niveaux plus profonds et des zones cérébrales supérieures. L'alerte maximum est alors atteinte. En quelques fractions de seconde, chaque organe comprend le signal. Des substances sont libérées, notamment deux hormones de stress : l'adrénaline et le cortisol, dont les effets sont plus tardifs et très profonds.

Les chemins neuronaux
Le cerveau humain a évolué au fil du parcours de l'évolution et de l'histoire, largement marqué par les peurs de nos aïeux lointains ou proches. Le stress a veillé sans cesse à la stabilisation des programmes génétiques, tout en faisant croître la taille du cerveau et en le rendant plus apte à apprendre. Durant nos premiers mois de vie, l’activation du système noradrénergique(2) du cerveau contribue au frayage des circuits responsables du sentiment de sécurité, sentiment que connaît chacun de nous quand il naît. Mais au plus tard, à la naissance, nous découvrons la peur.

Des chemins neuronaux (neuronal pathways) spécifiques et des stratégies comportementales se développent progressivement dans notre cerveau. Leur structure détermine nos pensées, nos émotions et notre comportement. Celle-ci varie selon nos préoccupations, nos activités, nos émotions et sensations récurrentes. Ces circuits nous aident à vivre les reliefs de notre vie, mais à un moment donné, quelque chose détruit nos certitudes. La peur survient dès que nos représentations du monde ne correspondent plus à la réalité que nous vivons. La peur est subjective : la probabilité que j'aie peur dépend de la façon dont j'évalue ma situation et des expériences que j'ai vécues. En cas de stress très puissant, parfois incontrôlable, nous errons dans un labyrinthe, essayant d’activer ...

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