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…et être responsable de sa liberté

Entre réflexion philosophique et exploration consciente de notre psyché, Denis Marquet nous invite à nous engager sur la voie de la liberté.

Par Denis Marquet


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Extrait de la revue : Génération Tao n°61
Extrait du dossier : LES VOIES DE LA LIBERTÉ
Nb de pages : 1

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Descriptif

« Liberté : obéissance à qui l’on est. Esclavage : soumission à ce que l’on n’est pas. Il est à noter que bien des esclaves se croient libres parce qu’ils se prennent pour ce qu’ils ne sont pas. » Tariq Demens

La liberté des Modernes peut seulement se comprendre sur le fond des luttes de libération politique nées à la fin du siècle des Lumières. Avant elles, l’homme était un sujet. Ce mot dérive du latin sub-jectum, lequel signifie « ce qui se tient sous ». Sujet est celui qui est assujetti, littéralement sou-mis, à un souverain. Ce dernier tient lui-même sa légitimité d’une soumission, puisqu’il obéit à Dieu, source de tout pouvoir. Aucun homme n’est donc maître de sa propre vie : l’être humain est fait pour obéir à ce qui le dépasse.

Devenir son propre maître
A partir de la Renaissance, l’essor de la conscience individuelle rend une telle conception de moins en moins supportable. Puis à la Révolution Française, l’individu se libère de l’assujettissement et aspire à devenir son propre maître. Le sens du mot sujet se transforme ; « se tenir sous », ce n’est plus être soumis, mais occuper la place de fondement. C’est le sens de la subjectivité moderne : le moi individuel est le soubassement, le seul principe de sa propre vie. Il est l’origine de lui-même. Il est libre.

Un être humain pulsionnel
Mais l’est-il vraiment ? Certes, à partir de la modernité, ce n’est plus un autre qui est le principe de ma vie, c’est moi. Mais qui, moi ? Les penseurs de la subjectivité moderne dressent le portrait du sujet rationnel, maître de ses choix dont il peut produire les raisons. Sa liberté est celle du libre-arbitre car il délibère intérieurement, examine les différentes options, se décide pour la plus raisonnable. Mais à la fin du 19e siècle, le soupçon commence à peser sur cet ego si sûr de son fait. Ses belles raisons ne seraient-elles pas la rationalisation de forces qui décident de sa vie à son insu ? Le moi, qui se croit libre, ne serait-il pas semblable, comme le suggère Freud, au « stupide Auguste du cirque, qui met son grain de sel partout pour que les spectateurs croient que c’est lui qui dirige tout ce qui se passe » ? On réalise alors que le moi n’est sans doute qu’une personnalité conditionnée fabriquée par la pulsion. Comment serait-il libre ...

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